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FLOOD TIDE
Laura VICTOR
Les
nouvelles toiles de Dominiq Fournal ne racontent rien, elles suggèrent
tout.
La
couleur y domine en flux bleus, verts, violets ou rougeâtre.
D’emblée
cette couleur vous happe le regard, le fixe, l’étale. Vous voici discernant
ses coulées, ses transparences, ses épaisseurs, ses évanescences.
Puis,
glissant sous les effets de surface, loin des clartés en suspens, le regard
rencontre quelques gouffres d’ombre.
Bientôt
à partir d’indices ténus, s’ouvrent des profondeurs à explorer. Au sein
de halos en mouvance, des chantiers engloutis s’offrent au travail de
l’imaginaire.
Le
visiteur méditatif pris de vertige, entre fascination et effroi, comme s’il
basculait par-dessus le rebord d’une pirogue, s’enfonce lentement dans une réalité
abyssale.
Immergé
aux confins de lui-même, dans l’intranquillité du visionnaire, il découvrira
peut-être les composants essentiels de son propre être.
Qui
sait ?
Dans
cet habitat teinté d’eau et de songe, les sculptures d’Isabelle Dethier nous
amarrent au tangible. Les concrétisations marines, réalisées en bois d’érable
le plus souvent, dialoguent avec les œuvres du coloriste alentour.
Elan
des végétaux dressés vers la lumière
Vrilles et volutes expansée
comme façonnées du roulis des marées
Coques échouées à leur reflux
Tout ici clame la magique force de l’eau
qui
modèle à son gré la nature autour d’elle.
En
fait, c’est la force créatrice de la femme qui se déploie dans cette
installation.
Le
masque de travail du sculpteur à la tronçonneuse et à la disqueuse ne
rappelle-t-il pas celui du scaphandrier ?
Elle
semble avoir exhumé du fond de son rêve d’eau des formes à la gloire de la
vie même et de ses beautés. Par une sorte d’arrêt sur le mouvement, la
souplesse du végétal tout comme la torsion des tiges ou des lianes sont
magnifiées dans le bois poli au toucher soyeux.
Au
bout des gestes de l’artiste en atelier se déroulent des rubans végétaux,
roulent des graines qui iront germer dans les aumônières ouvertes plus loin
pour continuer la vie ailleurs.
A travers la sensibilité, le rêve et l’énergie d’Isabelle Dethier, l’inondation des mangroves tropicales nous livre un hymne à la nature en héritage.
Laura Victor
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MONS, CAPITALE D'OUVERTURE
Elio DI RUPO
Aujourd'hui,
nous sommes très heureux d'accueillir à Mons des artistes
Pour
une ville, le mouvement des idées et le partage des différences sont
Les
artistes mettent nos villes en lumière, et en soulignent ainsi la
Ils
nous bousculent dans nos idées reçues, et nous enrichissent de leurs
Ils
portent également à l'extérieur ce qu'ils ont vécu et ressenti dans
Voilà
pourquoi nous leur souhaitons tout particulièrement la bienvenue, et
Mons,
capitale d'ouverture, cité affective, ville de science, où l'avenir est
prometteur.
Elio
Di Rupo
Bourgmestre
de la Ville de Mons,
Ministre
d'Etat.
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VITE, EST-IL D'AUTRES VIES ? (*)
(*) Arthur Rimbaud
Marc LERCHS
Que
se passe-t-il à l'instant de la noyade ? Que se passe-t-il lorsque la
respiration se bloque et cède à une sourde méditation ? Alors que le moment
d' angoisse est passé, la pulsation du Sonotone intérieur se dissipe et un
bien-être trompeur s'installe.
Il
ressemble à un vertige où abîmes et abysses se confondent en une vague
flottaison.
Les
gongs entendus dans ces bas-fonds sont les gangues des fruits de la mer qui
craquent.
Alors,
l'océan se retire et le sel accroché se diamantise, en mordant la surface et
la chair des êtres. En savourant leurs dessèchements, ils vivent leur mort.
Ils pourrissent, moisissent, rapetissent et disparaissent, se muent enfin et
diffèrent leurs destins.
De
ce long finissement émergent d'autres vies qui
balbutient leurs naissances dans le vrombissement du flux et du reflux des eaux
laiteuses.
Les
peintures de Dominiq Fournal sont les visions d'un vertige oppressant ressenti à l'adolescence, devant un tableau du peintre anglais David Hockney,
"Piscine et marches, Nid le Duc".
Ces
pages chromatiques ont cherché à se définir comme espace révélant la
sculpture d'Isabelle Dethier. Selon Fournal, le sentiment de force émergeante
de la sculpture accordé pour un temps à celui plus diffus du lent recouvrement
des choses et de leur espace vital est une tentative vaine, toujours vaine,
d'inonder une vision par une autre.
Le
roulement qui s'avance avec l' inondation prochaine porte en lui la pulsation de
ce lieu privilégié qu'on appelle la mangrove.
Marc Lerchs
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